VSME+ : vers un reporting extra-financier réellement utile aux entreprises
La VSME facilite le reporting des PME, mais elle ne permet pas encore de piloter. Avec VSME+, 30 données clés transforment l’exercice en outil stratégique pour les filières et les territoires. Voici pourquoi ce tournant est décisif.
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Depuis deux ans, l’écosystème européen du reporting extra-financier vit un moment de recalibrage. Après l’ambition initiale de la CSRD, son périmètre a été réduit, et l’idée d’un reporting obligatoire pour les PME a été abandonnée. En parallèle, la Commission européenne a accéléré un chantier beaucoup plus pragmatique : la VSME.
L’objectif était clair : offrir aux TPE/PME un cadre simple, lisible et proportionné.
Mais une réalité s’impose déjà : la VSME seule ne suffit pas.
Pourquoi la CSRD a échoué pour les PME
La CSRD portait une promesse forte : structurer l’information extra-financière, renforcer la transparence et harmoniser les pratiques à l’échelle européenne.
Mais cette ambition s’est heurtée à trois limites majeures :
1. Une complexité incompatible avec les petites structures
Jusqu’à 1 200 points de données pour couvrir les ESRS.
Un troisième bilan à produire.
Des coûts d’intégration démesurés.
2. Des délais irréalistes
La majorité des PME n’étaient tout simplement pas en mesure d’absorber cette charge en si peu de temps.
3. Un manque d’alignement avec les usages réels
Ni les banques, ni les assureurs, ni les donneurs d’ordre n’avaient besoin d’un tel niveau de granularité dans la grande majorité des cas.
Le recul du projet “CSRD PME” n’est pas un échec politique : c’est la reconnaissance d’un mauvais calibrage.
VSME : une avancée majeure… mais limitée
La VSME, publiée en 2025 par l’EFRAG, est un excellent point d’entrée:
- 27 disclosures,
- un document court et lisible,
- un langage commun pour les PME européennes,
- une adoption plus réaliste.
Mais la simplicité a un prix.
Ses limites sont déjà visibles :
- Trop peu de données pour les secteurs sensibles (défense, énergie, agroalimentaire, technologies…).
- Aucune logique territoriale (écosystèmes régionaux, clusters, dynamiques industrielles).
- Peu exploitable pour les banques/assureurs.
- Pas de granularité sur les chaînes de valeur.
La VSME remplit son rôle : initier la démarche. Mais elle n’offre pas de quoi piloter réellement.
VSME+ : ajouter 30 données réellement utiles
Chez ASCEND Tech, nous avons fait un choix simple : n’ajouter de la complexité que si elle crée de la valeur.
C’est la philosophie derrière VSME+.
VSME+ = VSME + 30 points de données ciblés
Ces 30 points de données sont adaptés à :
- un territoire (région, agglomération, pôle industriel),
- et / ou à un secteur (BITD, mobilité, éducation, métallurgie, textile, etc.).
Et pourquoi 30 ? Parce que c’est l’équilibre entre :
- un effort raisonnable pour les entreprises,
- une utilité opérationnelle réelle,
- un coût maîtrisé,
- la possibilité d’automatiser et de comparer grâce à Harnest.
Exemple : la VSME+ pour les entreprises de la BITD des Deux-Sèvres
Dans le cadre de la Base Industrielle et Technologique de Défense locale, nous avons défini 30 points de données permettant d’évaluer :
1. La robustesse supply chain
- % de composants critiques d’origine extra-UE
- dépendance à un fournisseur unique
- capacité de substitution
- temps de reconfiguration en cas de rupture
- cartographie amont en niveaux N-1 / N-2
2. Les enjeux énergie-sécurité
- exposition aux tensions géopolitiques
- électricité décarbonée disponible localement
- vulnérabilité aux coupures / délestages
- conformité cyber (NIS2)
3. Les impacts territoriaux
- emplois industriels par tranche
- formation locale disponible
- ancrage dans les dispositifs régionaux
- exposition aux risques environnementaux locaux
Résultats :
- Les entreprises disposent d’un diagnostic utile,
- les donneurs d’ordre d’un langage partagé,
- et les financeurs d’informations immédiatement exploitables.
Le tout activé automatiquement dans Harnest.
Un outil conçu pour le dialogue vertical et horizontal
VSME+ débloque deux types de dialogue indispensables :
Le dialogue vertical - la chaîne de valeur
Donneurs d’ordre → sous-traitants → fournisseurs → N-1/N-2.
Tous parlent le même langage, sans exiger 400 pages d’ESRS.
Grâce à un socle commun, fini :
- les questionnaires multiples,
- les fichiers Excel différents selon chaque donneur d’ordre,
- les allers-retours inutiles.
Le dialogue horizontal - banques, assureurs, territoires
Avec 30 points de données ciblés, un banquier ou un assureur peut :
- comprendre les risques en un coup d’œil,
- intégrer les données dans ses modèles internes,
- réduire ses demandes d’informations,
- adopter un langage partagé à l’échelle du territoire.
VSME+ comme infrastructure opérationnelle
La VSME pose les fondations. VSME+ en est l’extension naturelle : proportionnée, utile et adaptée aux réalités sectorielles et territoriales.
Avec Harnest, VSME+ devient :
- interopérable,
- exploitable par toutes les parties prenantes,
- et un outil de pilotage collectif.
Nous sommes convaincus que VSME+ peut devenir un standard européen pour structurer les filières et fluidifier les échanges extra-financiers, sans complexité inutile.
Si vous souhaitez développer un VSME+ pour votre secteur, votre territoire ou votre cluster, nous serions ravis d’en discuter.

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