Donner du sens à la donnée
Les entreprises produisent chaque année plus de données ESG qu'elles ne le pensent. L'enjeu porte sur leur capacité à être retrouvées, comprises et réutilisées d'une demande à l'autre.
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Patrice a posé, dans le premier article de cette série, la conviction qui nous a menés à construire Harnest. Je reviens ici sur le diagnostic de terrain qui l'a confirmée, celui que j'observe chez nos clients depuis plusieurs années, un diagnostic qu'on avait déjà esquissé du côté du coût réel des données ESG sous Excel.
Un volume de données qui augmente chaque année
Chaque année, les entreprises produisent davantage d'informations extra-financières, et notamment ESG, sur leurs activités, leurs fournisseurs, leurs collaborateurs, leurs sites, leurs consommations, leurs risques ou leurs engagements.
À cela s'ajoutent les données demandées dans le cadre des audits, des questionnaires investisseurs, des appels d'offres, des démarches de certification ou des campagnes de reporting ESG et CSRD.
Plus une organisation cherche à piloter son activité avec précision, plus elle produit d'informations. Le défi est de pouvoir retrouver ces informations, les comprendre et les réutiliser lorsqu'une décision l'exige.
Produire ne suffit pas, il faut aussi interpréter
Une partie de ces données est produite en interne : consommations, effectifs, incidents, plans d'action…
Mais une autre partie doit être recherchée puis interprétée, sans que l'entreprise en soit elle-même à l'origine : la composition de sa chaîne de valeur, l'exposition d'un fournisseur critique à un risque climatique ou géopolitique, l'évolution d'une réglementation dans un pays où elle sous-traite.
Cette donnée-là doit être collectée, vérifiée, rattachée à l'activité qu'elle concerne, puis réévaluée à mesure que le contexte change.
Retrouver la donnée pour l’utiliser efficacement
Une même information peut être demandée plusieurs fois au cours d'une année :
- un investisseur souhaite comprendre l'exposition de l'entreprise à certains risques ;
- une banque analyse un dossier de financement ;
- un assureur évalue la robustesse des dispositifs de prévention ;
- un client intègre des critères de durabilité dans ses achats ;
- une autorité de contrôle demande des justificatifs dans le cadre de la CSRD.
Ces sollicitations ne viennent pas seulement de l'extérieur.
En interne, la direction a besoin de cette même donnée en continu pour piloter sans angle mort : anticiper un risque avant qu'il ne devienne critique, arbitrer un investissement, suivre l'avancement d'un plan d'action au bon moment plutôt qu'au moment du bilan annuel.
Pour beaucoup d'entreprises, chaque nouvelle sollicitation déclenche un nouveau cycle de recherche, de vérification, de retraitement et de mise en forme. Une part importante de l'effort porte donc sur la reconstitution d'une information déjà disponible ailleurs dans l'entreprise. Il faut une organisation qui permette de mobiliser ces données simplement, quel que soit l'usage.
Cette logique de collecte déclenchée par la demande a un coût, en temps et en fiabilité. On reviendra, plus loin dans cette série, sur ce que change un pilotage continu de cette donnée, plutôt qu'une collecte reconstruite à chaque sollicitation.
Il faut aussi comprendre :
- comment la donnée est définie ;
- qui en est responsable ;
- à quelles activités elle se rattache ;
- quelles décisions elle éclaire ;
- comment elle évolue dans le temps.
Une donnée isolée informe. Une donnée reliée à son contexte devient utile à la décision.
Un diagnostic déjà connu de la finance
Pendant longtemps, la fonction finance a été confrontée aux mêmes difficultés que connaissent aujourd'hui les directions RSE ou Risques : des informations réparties entre plusieurs services, des référentiels différents selon les entités, des retraitements à chaque consolidation.
Les ERP n'ont pas été développés pour produire des rapports, mais pour organiser la donnée, structurer les processus et permettre à plusieurs métiers de travailler sur un même référentiel.
Le reporting en est devenu une conséquence plutôt qu'un objectif.
Les données extra-financières suivent aujourd'hui une trajectoire comparable : leur volume augmente, leurs usages se multiplient, le nombre de parties prenantes qui les sollicitent progresse, et leur qualité influence directement les décisions stratégiques de gouvernance de la donnée ESG.
