Réglementation & référentiels

Double matérialité : ce que révèle la deuxième année de CSRD

Après une première année d'appropriation de la CSRD, la deuxième soulève une autre question : les entreprises ont-elles revu en profondeur leur analyse de double matérialité, ou se sont-elles contentées de la reconduire ? L'étude KPMG 2026, menée sur plus de 50 publications du CAC 40 et du Next 20, apporte des réponses précises, chiffrées, et parfois contrastées.

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Illustration Ascend, Cahier de vacances CSRD, badge Réglementation, titre "Double matérialité" et sous-titre "Ce qui doit changer en année 2"

Sommaire

Troisième épisode du Cahier de vacances CSRD : après avoir retracé les trois refontes réglementaires des trois dernières années, puis étudié ce que le Scope 3 révèle sur la chaîne de valeur, place cette semaine à la double matérialité, et à ce que sa deuxième année d'application montre déjà.

91% des entreprises du panel ont revu leur analyse de double matérialité pour leur deuxième exercice. Le chiffre est rassurant en apparence. Il masque une réalité plus contrastée : 61% ont fait une révision ciblée, sur certains enjeux ou certains IRO, et seulement 30% ont mené une révision substantielle, remettant en cause la structure même de leur matrice. 

Une entreprise qui reconduit sa matrice de l'année précédente avec des ajustements mineurs coche la case "mise à jour" sans avoir vraiment interrogé sa pertinence. 

L'auditeur, lui, cherche autre chose : une trace de la méthode utilisée pour décider ce qui devait changer, et pourquoi.

Consultation externe, l'angle mort

Sur les entreprises qui ont mis à jour leur DMA, seules 3 sur 10 ont consulté des parties prenantes externes dans le cadre de ce travail. La majorité n'a pas rouvert le dialogue avec les parties prenantes qui avaient nourri l'analyse initiale — sans que le rapport ne précise sur quoi s'appuie la mise à jour dans ces cas.

Ce choix peut se justifier. 

Mais l'absence de consultation externe doit être expliquée, pas simplement constatée en creux dans un rapport silencieux sur le sujet.

Qui valide, et comment le prouver

La gouvernance de la double matérialité s'est structurée en deuxième année, avec une répartition claire des rôles de validation :

  • Conseil d'Administration (23%),
  • Direction Générale (16%),
  • Comité d'Audit (15%),
  • Comité Exécutif (15%),
  • Comité de l'Audit et des Risques (11%),
  • Autres (11%),
  • Comité de Durabilité (8%).

Cette diversité montre qu'il n'existe pas un modèle unique de gouvernance attendu. Ce que l'auditeur vérifie, en revanche, c'est que l'instance qui valide le résultat de la double matérialité soit identifiable, et que le processus qui l'a amenée à cette validation soit tracé.

Moins d'IRO, pas moins de matérialité

Le nombre moyen d'IRO par entreprise a baissé de 25%, passant de 52 en 2024 à 40 en 2025. Cette baisse traduit un effort de rationalisation après une première année souvent marquée par des listes trop longues, plutôt qu'un recul de l'ambition. 

Mais elle s'accompagne d'un point de vigilance : une entreprise sur cinq ne décrit toujours pas clairement à quel enjeu chacun de ses IRO se rattache. Réduire le nombre d'IRO sans clarifier ce lien fragilise justement la lisibilité que la rationalisation était censée apporter.

Ce qu'il faut pour documenter une double matérialité en année 2 

La méthode de mise à jour formalisée : ce qui a été réexaminé, ce qui a été laissé inchangé, et sur quelle base

  • Une justification explicite en cas d'absence de consultation externe
  • L'instance de gouvernance qui a validé le résultat, et la trace du processus qui l'y a conduite
  • Le lien entre chaque IRO conservé et l'enjeu matériel auquel il se rattache

Ce que Harnest documente pour vous

Ces quatre points de vigilance correspondent à ce que Harnest trace nativement dans l'outil. 

Chaque enjeu de durabilité conserve un historique des modifications apportées à ses attributs et à ses IRO, consultable depuis l'icône Audit, ce qui constitue justement la preuve de méthode que l'auditeur recherche. 

Les campagnes d'engagement des parties prenantes sont enregistrées et rattachées aux enjeux concernés, donc l'absence de consultation externe devient un choix documenté plutôt qu'un angle mort. 

Et les organes de gouvernance de l'entreprise sont des objets à part entière dans Harnest, reliés aux enjeux qu'ils valident, ce qui rend la chaîne de validation traçable d'un exercice à l'autre.