Financement

ESG et Défense : la fin d'un oxymore ?

En 2022, inclure un fabricant d'armes dans un portefeuille ESG était impensable. En 2026, ne pas le faire devient risqué. Sabine Lochmann et le général Jean-Marc Vigilant, président d'EuroDéfense France, décryptent ce retournement dans LJA Magazine.

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Sommaire

Sabine Lochmann, présidente d'Ascend Tech et membre d'EuroDéfense France, signe une tribune avec le général Jean-Marc Vigilant, président d'EuroDéfense France, dans le numéro juillet-août de LJA Magazine.

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Voici les principaux messages de leur tribune.

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Un basculement en quatre ans

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En 2022, un gestionnaire de fonds qui incluait Rheinmetall dans un portefeuille ESG risquait l'exclusion de son label. En 2026, ne pas l'y inclure devient politiquement intenable. Pendant deux décennies, la défense a figuré aux côtés du tabac et du charbon sur les listes d'exclusion des fonds responsables.

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La guerre en Ukraine a changé la donne : les marchés ont d'abord fait grimper les valeurs de défense européennes, les régulateurs ont suivi (la BEI a levé sa clause d'exclusion, l'Union européenne a lancé le programme SAFE de 150 milliards d'euros de prêts), et les entreprises ont adapté leur communication ESG en conséquence.

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Quatre chiffres pour mesurer l'ampleur

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L'ampleur du sujet se mesure en quatre chiffres :

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  • Il faudra 250 milliards d'euros de dépenses de défense supplémentaires par an pour que l'Europe atteigne l'objectif OTAN de 3,5 % du PIB d'ici 2035.
  • Les seules PME et ETI de la base industrielle et technologique de défense (BITD) française ont besoin de 15 milliards d'euros de financement d'ici 2030.
  • Et 40 000 milliards d'euros d'épargne des ménages européens restent un réservoir largement inexploité pour ce type de financement, alors que 300 milliards de cette épargne financent déjà la "def tech" américaine.

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Munitions, radars, drones, une même logique de financement ?

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Ce basculement laisse plusieurs questions ouvertes, que la tribune détaille. Munitions et radars relèvent-ils de la même logique de financement, ou faut-il distinguer ce qui est couvert par le droit international humanitaire de ce qui ne l'est pas ?

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Le droit des conflits armés doit-il primer sur les grilles de lecture ESG habituelles ? Et qui garantit qu'un fonds qui investit dans la défense ne se contente pas d'un habillage vertueux, sans revoir en profondeur ses critères de gouvernance ?

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‍Les Defence Euro Bonds

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Face à des finances publiques déjà exsangues (la dette des États membres de l'UE atteint 82 % du PIB), la tribune reprend une proposition portée par EuroDéfense-France : l'émission par la BCE d'obligations de défense européennes, jusqu'à 500 milliards d'euros par an, sous conditionnalité stricte.

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L'idée, longtemps jugée taboue, a récemment reçu un accueil plus ouvert de la part de responsables comme Joachim Nagel (Bundesbank) ou Mario Draghi.

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L'article complet est à retrouver dans LJA Magazine, édition juillet-août, sur le site de La lettre des juristes d'affaires.

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Pour aller plus loin sur le financement de la base industrielle et technologique de défense, notre livre blanc "Financer la souveraineté industrielle" est disponible en téléchargement.

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